I
Nous vivons dans un monde fini, et nos organisations sont conçues pour l'ignorer
Les limites planétaires ne sont pas un cadre moral : ce sont des seuils physiques. Le climat, la biodiversité, les cycles de l'azote et du phosphore, l'eau douce, les sols. Une part de ces seuils est déjà franchie, et cela ne se rattrape pas par un effort de communication.
La plupart des organisations ont été conçues dans un monde perçu comme illimité : ressources disponibles, énergie bon marché, marchés extensibles, avenir prévisible. Leurs outils de gestion en portent la trace. Un plan à trois ans, un budget linéaire, un objectif de croissance continue supposent tous une stabilité qui n'existe plus.
Reconnaître cela ne conduit pas à l'immobilisme. Cela conduit à changer la question : non plus « comment croître », mais « qu'est-ce qui, dans ce que nous faisons, mérite de tenir, et à quelles conditions matérielles ».